Ave Maria
Si je crois en Dieu avant tout, j'aime aussi mon prochain, et j'aime aussi le contact de mes amis.
Ainsi, il nous arrive parfois de « faire la fête » (ma foi! Nous sommes des jeunes après tout!)
Habituellement, je ne dédaigne pas faire une partie de dominos avec mon meilleur ami Mathias, un ami d'enfance avec qui j'allais au catéchisme.

Je crois que Dieu est amour, et que c'est parce-que j'aime Dieu qu'il m'a donné un ami comme Mathias.
Hier, nous étions samedi. Le téléphone de ma mère sonne, et je décroche (après avoir demandé la permission de le faire à maman, car enfin, je vis encore sous son toit!)
A l'autre bout du fil , mon ami Mathias me lance un défi.

Me lanca-t-il d'un ton de défiance
Au départ, je pensais que le bougre voulait éviter ainsi une nouvelle humiliation aux dominos (j'avais gagné le week-end passé) , mais non, le voilà qui ; tel un Chevalier, m'exhorte à sortir mes habits du dimanche afin d'aller, tels des espions , voir comment s'amusent les manants.
Soit.
Après tout, tout comme les croisés défièrent sans peur les armées arabes, et en digne héritier de leur culture, je me dis que le Saint patron des voyageurs m'aiderait dans cette tâche et que Jésus rendrait cette épreuve plus facile.
Ainsi, c'est propre comme un sous neuf que je me rendis chercher en scooter (je n'ai pas encore l'envie de passer mon permis de conduire) mon ami Mathias, lui même habillé comme le dimanche, pantalon en toile, chemise et veste, avec une petite touche coquette sur laquelle je ne manquais point de le taquiner : un oeillet à la boutonnière.

Tous deux, tels deux chevaliers sur notre monture deux-roues, nous rendîmes donc dans la boite de nuit nommé le « Bomber's Club ».

Nous arrivâmes à 21 heures et j'avoue que j'étais déjà assez fourbu. Je savais que je devais me lever le lendemain matin pour assister à l'office du dimanche du père Simon, et l'idée que je sois fatigué à la messe me dérangeait un peu .
Mais bon.
Après avoir garé le scooter entre deux véhicules, nous nous dirigeâmes vers l'entrée de la boite où nous attendaient deux grands hommes en costumes, très musclés, qui nous regardèrent d'un air intrigué.
Le fait que ces personnes portent un costume me rassura tout de même ; après tout, cela voulait peut-être dire que tout ce que l'on m'avait raconté sur ces lieux de débauche n'etait pas forcément tout à fait vrai.

Dit le premier individu.
Je compris bien évidement qu'il s'agissait là d'ironie, et répondit sans perdre mon sang froid :

L'air surpris – je sais répondre quand on me taquine-, les deux malabars s'écartèrent pour nous laisser entrer.
A SUIVRE...